Les saynètes

Le corps comme phénoménologie imaginaire de la vie réelle.

LES SAYNÈTES OU LA VIE IMAGINAIRE ET RÉELLE DE BORIS DU BOULLAY
vidéo | 150 saynètes | 2003 – 2017

Puisque le cinéma, dans son dispositif d’enregistrement, dans cet étrange rapport au réel rapporté n’est pas capable de révéler, de retranscrire, de dire quelque chose de cette Vie, incessamment (non)-décrite par Michel Henry, dont on a la perception intime et certaine, mais qui échappe à toute phénoménologie de la donation, peut-on en deuxième instance réduire ce cinéma à une dyade réel/imaginaire et s’amuser à voir comment ce réel diégétique se laisse contaminer par un imaginaire né du geste premier, du geste minime, du pas de côté, voire du geste d’enfance, où le corps marqué de ce geste et restitué dans le champ d’une projection — d’où percerait du hors-champ de ces saynètes (un hors champ qui ne serait pas hors cadre, mais au contraire plein cadre, perceptif tout en étant hors d’atteinte de la vue), en contrepoint de leur aspect raté, foireux, absurde, improvisé, navrant, banal, paresseux, inabouti, inutile, oiseux et stupide, percerait peut-être la déception, une déception marquée par l’essai burlesque de faire quand même, mais si loin de la vie, encore, si loin de la vie encore sous l’emprise de la déception, la vie déceptive — où le corps donc incarne, comme une empreinte, une vie réelle projetée, ambiguë dans sa manifestation.

Autrement dit, se prendre une bonne baffe dans la gueule, ça remet les idées en place.

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Le premier site hébergeant les saynètes s’intitulait interactive.mon-cul.com
Youtube n’existait pas. Bah oui.